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Transformations technologiques dans l’industrie des services automobiles

Ce rapport examine les défis auxquels est confrontée l’industrie des services automobiles au Québec dans le contexte de son passage de la vente et de l’entretien de véhicules à moteur à combustion traditionnels à de nouvelles générations de véhicules automobiles. Ces nouveaux modèles sont informatisés et connectés par des systèmes sophistiqués de diagnostic embarqué (OBD). Ils intègrent des systèmes avancés d’aide à la conduite (ADAS) et sont souvent propulsés par des moteurs hybrides ou électriques.

Points importants

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. L’industrie des services automobiles illustre bien les répercussions de l’évolution technologique dans un secteur relativement traditionnel, dans lequel les compétences ne sont pas nécessairement là où elles devraient être et où les systèmes de formation de base et de formation continue présentent plusieurs lacunes.

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Cette évolution technologique bouleverse les modèles d’affaires traditionnels dans un secteur complexe à plusieurs niveaux qui va de la fabrication, de la vente et des services à la distribution de pièces, aux réparations et au recyclage. Ses répercussions ont de nombreuses conséquences sur les besoins futurs en compétences et sur l’offre de formations professionnelles.

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Pour être utilisés efficacement, les compétences et leur développement doivent être analysés dans leur contexte particulier (c.-à-d. qu’il ne s’agit pas d’une stratégie générique automatiquement prête à l’emploi pour le développement des compétences à l’échelle nationale). Les nouvelles solutions doivent être plus systématiques et s’appliquer à l’échelle de la province, tout en étant également fondées sur les initiatives des parties prenantes concernées.

Résumé

Ce rapport examine les défis auxquels est confrontée l’industrie des services automobiles au Québec dans le contexte de son passage de la vente et de l’entretien de véhicules à moteur à combustion traditionnels à de nouvelles générations de véhicules automobiles. Ces nouveaux modèles sont informatisés et connectés par des systèmes sophistiqués de diagnostic embarqué (OBD). Ils intègrent des systèmes avancés d’aide à la conduite (ADAS) et sont souvent propulsés par des moteurs hybrides ou électriques.

Cette évolution technologique bouleverse les modèles d’affaires traditionnels dans un secteur complexe à plusieurs niveaux qui va de la fabrication, de la vente et des services à la distribution de pièces, aux réparations et au recyclage. Ses répercussions ont de nombreuses conséquences sur les besoins futurs en compétences et sur l’offre de formations professionnelles. La production des compétences exigées qu’implique la transition de la maind’oeuvre d’un secteur traditionnel vers un secteur beaucoup plus axé sur l’innovation et la technologie constitue le principal objet de ce rapport.

L’industrie des services automobiles illustre bien les répercussions de l’évolution technologique dans un secteur relativement traditionnel, dans lequel les compétences ne sont pas nécessairement là où elles devraient être et où les systèmes de formation de base et de formation continue présentent plusieurs lacunes. Cette étude porte donc sur les services automobiles au Québec en se concentrant plus particulièrement sur les mécaniciens et mécaniciennes de véhicules automobiles qui assurent l’entretien et la réparation de véhicules chez les concessionnaires, de même que les services d’après-vente de ces véhicules.

Ce rapport examine comment divers acteurs de l’industrie des services automobiles québécoise — notamment les grands fabricants et leurs chaînes de valeur, les petites et moyennes entreprises (PME), les syndicats, les comités paritaires patronaux-syndicaux, les organismes de formation et les organismes gouvernementaux — élaborent des pratiques afin de répondre au besoin de nouvelles compétences et d’aborder les questions liées aux emplois et au travail. Notre étude montre que les stratégies utilisées pour répondre aux pénuries de maind’oeuvre qualifiée, aux écarts de compétences et aux défis des compétences du futur reflètent bien l’architecture complexe du secteur. L’étude illustre également comment les différentes parties prenantes peuvent être amenées à participer à la mise en oeuvre des politiques et des pratiques de développement des compétences et des innovations dans l’écosystème de la formation.

Quasiment toutes les parties prenantes et les institutions clés du secteur participent à plusieurs initiatives en matière de compétences et de formation. Ces parties prenantes vont des fabricants aux concessionnaires en passant par les consultants, les syndicats, les établissements d’enseignement, les segments du marché secondaire et les associations d’employeurs et de consommateurs. Leurs solutions collectives, bien ancrées dans les réalités de l’industrie des services automobiles, aident à résoudre divers problèmes à mesure qu’ils se présentent. En effet, il est particulièrement remarquable de constater le nombre de parties prenantes différentes qui tentent de relever, à leur manière, des défis similaires. Par ailleurs, la plupart des intervenants — notamment les entreprises et les associations d’employeurs — sont convaincus qu’avec des stratégies individuelles et dépendant du marché, ils ne peuvent pas facilement surmonter les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Cette observation a partiellement confirmé nos attentes initiales : pour être utilisés efficacement, les compétences et leur développement doivent être analysés dans leur contexte particulier (c.-à-d. qu’il ne s’agit pas d’une stratégie générique automatiquement prête à l’emploi pour le développement des compétences à l’échelle nationale).

Les compétences qui sont générées au fil du temps sont également des biens collectifs, ce qui donne lieu à une « entente relative aux compétences », celle-ci étant le produit de l’interaction entre les intervenants et les institutions du secteur pendant de nombreuses années. Même si de nombreuses initiatives, par la force des choses, visent des groupes de travailleurs ou des professions spécifiques, il existe également une conviction partagée voulant que l’industrie ait besoin de stratégies pan-sectorielles dans lesquelles de multiples acteurs et institutions vont dans la même direction. Toutefois, il est difficile de savoir dans quelle mesure ces initiatives coordonnées peuvent apporter des solutions à long terme pour répondre aux défis auxquels le secteur est confronté.

Certaines entreprises poursuivent des initiatives véritablement innovantes, mais les données probantes et les analyses de leur efficacité dans le contexte d’une stratégie plus large font défaut. Fruit d’un dialogue social approfondi et d’une collaboration entre les parties prenantes, les stratégies institutionnelles poursuivies par les Comités paritaires de l’industrie des services automobiles (CPA) et le Comité sectoriel de main-d’oeuvre des services automobiles (CSMO-Auto)1 sont les plus riches en termes d’adoption collective pour répondre à certains des problèmes de compétences les plus pressants. Pourtant, ces stratégies sont également souvent disparates et sont le reflet d’un système complexe de subventions publiques spécifiques caractérisé par des contrats à court terme et sont étroitement ciblées sur certains segments ou régions de l’industrie. Il nous semble que les nouvelles solutions doivent être plus systématiques et s’appliquer à l’échelle de la province, tout en étant également fondées sur les initiatives des parties prenantes concernées.

Bien qu’elles soient importantes, ces étapes ne sont que le début de nouvelles avancées dans l’industrie des services automobiles. Les exigences de compétences évoluent à une telle vitesse que les parties prenantes se verront obligées de se livrer à de nombreuses expérimentations afin que les travailleurs puissent suivre l’évolution de la technologie. Parmi les principales exigences figureront une formation initiale plus complète et améliorée et un système solide de formation continue accessible à tous les travailleurs, indépendamment de leur formation initiale et de leur niveau de qualification. De nombreux éléments indiquent qu’une nouvelle entente relative aux compétences est actuellement déployée, mais pour que ces stratégies réussissent, le secteur a besoin d’un élan plus fort et d’une plus grande cohérence afin d’accroître son efficacité globale.