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Étude prospective sur l’emploi et les compétences durant la transition vers une économie carboneutre

Outre le simple fait de contenir la hausse mondiale des températures, il existe un consensus croissant relatif aux avantages d’une transition vers une économie carboneutre. Ces avantages sont souvent appelés « co-bénéfices » et l’un des plus importants concerne la création d’emplois induite par les changements technologiques et l’évolution de la demande, des modes de production, des conditions macroéconomiques et du commerce international qui en découleront.

Alors que cette transition devrait avoir un effet global positif sur l’emploi, il sera réparti de manière inégale à travers les secteurs. Ce rapport, mené par de l’Institut pour l’IntelliProspérité, soutenue par le Diversity Institute (DI) et le Centre des Compétences futures (CCF), utilise des outils prospectifs innovants pour étudier différents scénarios et leurs implications pour les employeurs.

Two construction workers in hardhats installing a solar panel

Principaux constats

La décarbonation a peu d’effet sur l’emploi dans la majorité des secteurs. La croissance de pas moins de 75 p. 100 des emplois n’est pas directement affectée par ces scénarios de décarbonation car les postes en question concernent des secteurs peu énergivores ou à faible émission de GES (par exemple, le commerce, la finance, la santé, l’éducation et les services).

Les compétences non techniques sont aussi importantes, voire plus, que les compétences techniques dans la transition écologique vers la carboneutralité. Même dans les secteurs exigeant des compétences techniques telles que le suivi du fonctionnement ou le contrôle de la qualité, les compétences non techniques présentent un score d’importance supérieur. Si ce constat n’enlève rien à l’utilité des compétences techniques, il souligne l’importance des compétences générales dans les postes à pourvoir au sein d’une économie décarbonée. De fait, l’association de diverses compétences techniques et non techniques forme la « littératie écologique » que la main-d’œuvre devra acquérir dans un avenir à faible émission de carbone.

Le perfectionnement professionnel nécessaire à la transition des travailleurs n’est pas le même d’une province à l’autre. Dans les régions dépendantes des ressources, les travailleurs s’avèrent particulièrement vulnérables face à cette transition, car les trois trajectoires de décarbonation modélisées dans la présente analyse se traduiront probablement par un déclin des emplois connexes. Toutefois, ces pertes pourraient être compensées par la croissance de l’emploi dans d’autres secteurs. Pour soutenir les travailleurs concernés, par exemple dans l’industrie du pétrole et du gaz, il serait ainsi envisageable de les former en vue d’une transition vers des emplois plus écologiques.

L’argumentaire en faveur d’une économie décarbonée repose sur la transition réussie des travailleurs occupant des emplois amenés à disparaître vers les nouveaux postes qui vont émerger et se développer. En toute logique, il convient donc de se demander quels seront les effets d’une telle évolution intersectorielle sur les besoins en compétences, et quelle politique des compétences les décideurs devront adopter en vue de favoriser une croissance propre et résiliente dans un éventail de scénarios carboneutres.

Pour répondre à ces questions, le présent rapport s’appuie sur une étude prospective qui modélise les emplois et les compétences qui seraient nécessaires dans une économie carboneutre, en fonction de divers scénarios. En effet, le Canada peut atteindre son objectif de carboneutralité de multiples façons. Dans le présent rapport, toutefois, nous avons étudié les trois pistes suivantes :

  • Une approche à plus faible intensité carbonique axée sur un taux élevé de remplacement de combustible en faveur de l’électrification des usages finaux.
  • Une approche à plus haute intensité carbonique reposant moins sur le remplacement de combustible et davantage sur les technologies de capture du CO2 ou de capture atmosphérique directe (CAD).
  • Un scénario intermédiaire alliant ces deux approches et reposant davantage sur la compensation des émissions de CO2

Si ces trois approches ou trajectoires permettent d’atteindre l’objectif de carboneutralité à l’horizon 2050, les principales variables associées à chaque scénario sont la rigueur des politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), les conditions du marché et les paramètres technologiques. Parmi les autres co-bénéfices (non modélisés ici) d’une réduction des émissions figurent également l’amélioration de la santé, l’utilisation plus efficace des ressources, la diminution de la pollution atmosphérique, l’innovation technologique et ses aboutissants, ainsi qu’un meilleur effet distributif.

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