Robotics engineer working on maintenance of modern robotic arm in factory warehouse

RAPPORT DE PERSPECTIVES DE PROJET

Conçu pour s’adapter : Évaluation des microcertifications pour les professionnels du secteur numérique

Technologie et automatisation

SOMMAIRE

En raison de leur rapidité et de leur prix relativement abordable, les microcertifications ont été présentées comme un moyen prometteur d’améliorer les compétences, de se recycler ou de formaliser l’apprentissage basé sur les compétences. Toutefois, les données ne sont pas concluantes quant à l’impact des microcertifications sur la main-d’œuvre qui les obtient ou quant à la question de savoir si les employeurs reconnaissent largement les microcertifications comme une mesure valable de l’acquisition de compétences. 

Ce projet a étudié l’adoption des microcrédits dans les industries à forte intensité numérique au Canada, un domaine qui devrait croître et évoluer dans les prochaines années. Le projet a utilisé une nouvelle forme d’information sur le marché du travail – les profils LinkedIn – pour discerner les différences de compétences, d’ancienneté professionnelle et de certification des microcertifications sur le marché de l’emploi dans le secteur technologique au Canada. 

En plus de démontrer la nécessité d’exploiter des sources privées d’IMT pour répondre à des questions propres à l’industrie, le projet a montré que les professionnels du numérique utilisent des microcertifications pour démontrer des compétences pertinentes – en particulier celles qui deviennent importantes en raison de l’évolution des technologies. Toutefois, il reste encore beaucoup à faire pour mieux comprendre la valeur que les employeurs accordent aux microcertifications existantes sur le marché du travail dans le secteur de la technologie, d’autant plus que le projet n’a révélé aucune différence en termes d’ancienneté dans l’emploi entre ceux qui détenaient et répertoriaient des microcertifications et ceux qui n’en détenaient pas, dans les professions liées à la science des données et aux logiciels.

COLLABORATEURS

Steven Tobin
Conseiller stratégique au CCF

Laura McDonough
Directeur associé de la mobilisation des connaissances au CCF

DATE DE PUBLICATION

Novembre 2023

PARTENAIRES

Brookfield Institute for Innovation and Entrepreneurship The Dais

EMPLACEMENTS

Pan-Canadian

FONDS VERSÉS

$494,000

PERSPECTIVE CLÉ N° 1

Les données de LinkedIn indiquent qu’environ 1 expert en sciences des données sur 29 (3,4 %) et 1 professionnel du logiciel sur 31 (3,2 %) au Canada ont déclaré une microcertification sur leur profil.

PERSPECTIVE CLÉ N° 2

Les microcertifications ont le plus souvent été utilisées pour mettre en valeur des compétences et des outils qui n’ont gagné en popularité qu’au cours des dix dernières années.

PERSPECTIVE CLÉ N° 3

Les professionnels canadiens du numérique ayant plus d’expérience (six ans ou plus dans la profession) étaient plus susceptibles de déclarer avoir obtenu une microcertification.

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L’enjeu

Pour répondre au rythme rapide de la numérisation de l’économie, à l’évolution du marché du travail et aux nouvelles exigences des employeurs en matière de compétences, les universités et établissements d’enseignement supérieur publics et d’autres prestataires d’enseignement et de formation à but lucratif mettent en place de nouveaux programmes visant à doter les étudiants et la main-d’œuvre de compétences recherchées. Ils promettent souvent des programmes d’études appliqués, des plateformes d’apprentissage hybrides ou en ligne pratiques et des résultats tels que des salaires plus élevés et des possibilités d’avancement professionnel. Les microcertifications ont suscité beaucoup d’intérêt – elles sont de courte durée, portent sur une compétence particulière et sont souvent abordables par rapport aux programmes d’études universitaires ou collégiales qui nécessitent beaucoup de temps, de ressources financières et d’efforts pour les obtenir. 

Les microcertifications sont devenues une priorité majeure pour les décideurs politiques, les établissements d’enseignement post-secondaire et les employeurs, car elles sont considérées comme une solution novatrice pour améliorer les compétences, se recycler ou formaliser l’apprentissage basé sur les compétences. Bien que certaines provinces et institutions aient introduit des cadres de microcertification, le Canada ne dispose toujours pas d’une définition normalisée et d’un modèle d’assurance qualité pour cette nouvelle catégorie de titres, ce qui laisse les apprenants et la main-d’œuvre qualifiée du Canada dans l’incertitude quant à ce nouveau marché de programmes et à leur effet sur les parcours d’apprentissage, le développement des compétences et les trajectoires de carrière.  

Le Canada est confronté à une pénurie de compétences pour les professionnels hautement techniques du numérique. Une forte croissance est prévue dans l’industrie des technologies numériques et le besoin de professionnels ayant des compétences dans le développement de logiciels et l’intelligence artificielle au niveau mondial. Compte tenu de l’évolution rapide des outils techniques et des produits de l’économie technologique, les microcertifications ont un fort potentiel pour soutenir le développement de compétences et de main-d’œuvre à forte intensité numérique. L’offre de main-d’œuvre à forte intensité numérique est un marché relativement nouveau et un secteur en pleine évolution pour ce qui est de l’adoption des compétences et des concepts. Les microcertifications pourraient constituer pour les professionnels une option à la fois rapide et rentable pour s’adapter à une demande en constante évolution de nouvelles compétences et de nouvelles technologies.

Searching for talent or looking for employee concept

Ce que nous examinons

Ce rapport évalue l’utilisation actuelle des microcertifications dans les industries à forte intensité numérique au Canada, ainsi que le profil et les trajectoires de carrière des personnes qui obtiennent des microcertifications sur le marché du travail dans le secteur technologique. 

Le projet comprenait une analyse de la recherche existante sur les microcertifications, explorant les impacts sur le marché du travail et les implications pour la politique des microcertifications. Il s’agit d’études en langue anglaise, de littérature grise et d’articles de journaux non évalués par des pairs. 

Le projet fait appel aux données du profil LinkedIn pour discerner les différences de compétences, d’ancienneté professionnelle et de certification de microcertifications qui, autrement, ne seraient pas identifiables dans les sources d’IMT traditionnelles fournies par le public. Les données de cette étude ont été obtenues par le biais de LinkedIn Talent Insights (LTI), une plateforme de visualisation et d’agrégation des données de profil LinkedIn qui permet aux chercheurs et aux professionnels des ressources humaines de comprendre les informations sur le marché du travail qui sont déclarées par les utilisateurs de LinkedIn.

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Conçu pour s’adapter : Évaluation des microcertifications pour les professionnels du secteur numérique

Ce que nous apprenons

Les professionnels du numérique utilisent des microcertifications pour faire valoir leurs compétences. Les professionnels canadiens du secteur numérique possédant des microcertifications sur LinkedIn étaient plus susceptibles d’indiquer des aptitudes et des compétences plus modernes liées aux nouvelles technologies. Les professionnels des sciences des données titulaires de microcertifications ont tendance à faire état de compétences et d’outils qui sont devenus plus populaires au cours des dix dernières années, notamment l’apprentissage automatique et Tableau, tandis que les professionnels des logiciels déclarent avoir des compétences en matière de conception et d’expérience de l’utilisateur.

Les titulaires de microcertifications sont plus susceptibles d’être titulaires d’un diplôme post-secondaire dans des domaines d’études autres que les STIM, en particulier d’un master en administration des affaires, et d’avoir un niveau d’études plus élevé que le reste des professionnels de leurs professions respectives. Malgré cela, aucune différence n’a été constatée en termes d’ancienneté professionnelle entre les titulaires de microcertifications et ceux qui n’en possèdent pas, dans les professions liées aux sciences des données et aux logiciels. 

L’utilisation appropriée des sources privées d’IMT. Les données des profils LinkedIn permettent d’étudier les tendances du marché du travail numérique et de compléter les sources traditionnelles. Cette source d’IMT permet une compréhension plus granulaire des compétences, de l’éducation et de l’information professionnelle qui n’est pas recueillie ailleurs au Canada. Toutefois, les conclusions de ce projet ne peuvent être extrapolées à toutes les professions. Les données de LinkedIn doivent être utilisées avec discernement lorsqu’il s’agit d’explorer des professions et des compétences qui sont moins répandues sur les plateformes d’emploi en ligne. Malgré les limites des données autodéclarées, cette nouvelle source d’IMT peut être d’une grande utilité pour les chercheurs et les décideurs en matière de marché du travail et d’éducation.

Pourquoi c’est important

De nombreuses questions subsistent quant à la valeur et à l’impact des microcertifications sur les parcours d’apprentissage, le développement des compétences et les trajectoires professionnelles. 

Ce projet propose un regard particulier sur les microcertifications du point de vue de la main-d’œuvre numérique. Les microcertifications ont le potentiel d’être polyvalentes, de répondre à diverses compétences techniques au sein des professions liées aux sciences des données et au développement de logiciels, et peuvent constituer un moyen accessible de développer de nouvelles compétences, en attirant les professionnels actuels et ceux qui se dirigent vers les domaines des sciences des données et des logiciels à partir de professions et de domaines d’études adjacents. Les créateurs et les fournisseurs de microcertifications pour les professionnels du numérique peuvent utiliser ces données pour cibler leurs efforts de sensibilisation et modifier les éléments du programme afin de répondre aux besoins de ces groupes.  

Toutefois, il reste encore beaucoup à faire pour mieux comprendre la valeur que les employeurs du secteur numérique accordent aux microcertifications existantes, d’autant plus que le projet n’a révélé aucune différence en termes d’ancienneté dans l’emploi entre les personnes qui détenaient et répertoriaient des microcertifications et celles qui n’en détenaient pas, dans les professions liées aux sciences des données et aux logiciels. 

Ce projet est également pertinent pour ses méthodes, car il fournit des détails aux chercheurs de l’écosystème des compétences qui souhaitent explorer le potentiel des sources privées d’IMT pour répondre à des questions pour lesquelles les sources traditionnelles ne sont pas bien adaptées.

Prochaines étapes

Le projet de recherche global financé par le CCF et le partenariat avec The Dais, « Emplois, compétences et changement technologique », cherche à comprendre comment les emplois et les compétences à travers le Canada sont impactés par le changement technologique, tel que l’automatisation et l’augmentation numérique, afin d’aider les entreprises et les personnes à acquérir les compétences dont elles ont besoin pour s’adapter et prospérer dans une économie de plus en plus axée sur l’innovation. Ce rapport est l’un des quatre de cette série :

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