RAPPORT DE PERSPECTIVES DE PROJET
Projet de recherche sur l’innovation en matière de compétences minières
Projet de recherche sur l’innovation en matière de compétences minières
Sommaire
L’industrie minière de la Colombie-Britannique génère 18 milliards de dollars par an, ce qui représente 28 % des exportations de marchandises de la province. Toutefois, la croissance du secteur est menacée par le déclin de la main-d’œuvre depuis les années 2010, attribuable aux départs à la retraite et à une capacité de formation limitée. Actuellement, ce secteur ne représente que 1 % de la main-d’œuvre totale de la Colombie-Britannique, ce qui fragilise l’industrie face aux fluctuations soudaines de la demande.
Les études et prévisions économétriques pour la période 2024-2035 révèlent d’importants besoins de recrutement : 35 000 nouveaux travailleurs seront nécessaires au cours de la prochaine décennie pour répondre à la demande de base et remplacer les départs à la retraite. Le marché du travail interne de la Colombie-Britannique ne couvre actuellement que 72 % de ces besoins. D’importantes pénuries de main-d’œuvre touchent des professions critiques, comme les opérateurs d’équipements lourds, ainsi que des compétences techniques telles que l’exploitation et le contrôle.
Des évaluations régionales menées dans les régions de Cariboo et de Northcoast-Nechako ont mis en évidence des obstacles logistiques à la formation, notamment la pénurie de logements, le manque de services de garde d’enfants et l’isolement géographique. Pour faire face à ces défis, l’étude propose un cadre de référence pour accélérer le développement de la main-d’œuvre. Ce modèle vise à harmoniser l’offre de formation et la demande du secteur en tirant parti de l’écosystème existant, grâce à des interventions ciblées et économiquement avantageuses.
La mise en œuvre relève de la responsabilité conjointe des dirigeants du secteur et du gouvernement provincial. La priorité doit être accordée immédiatement à la formation fondée sur des données probantes pour les professions critiques. La stratégie à long terme devrait prioriser l’intégration de l’accélérateur de formation minière de la C.-B. à la Stratégie sur les minéraux critiques de la province, afin de garantir que la Colombie-Britannique reste compétitive dans une économie sobre en carbone.
Perspectives clés
Selon les prévisions, l’industrie minière de la Colombie-Britannique aura besoin de 35 000 nouveaux travailleurs au cours de la prochaine décennie pour soutenir la croissance nette de l’emploi et remplacer les départs à la retraite.
Les parties prenantes ont exprimé le vif souhait de s’orienter vers des modèles de prestation communautaires, intégrant le mentorat et des approches culturellement adaptées.
Bien conçu, un accélérateur de formation minière pourrait tirer parti de l’écosystème actuel et le compléter par des interventions ciblées et économiquement avantageuses.
L’enjeu
L’industrie minière de la Colombie-Britannique est un moteur de premier plan de l’économie provinciale, générant 18 milliards de dollars de retombées annuelles et comptant pour 28 % de l’ensemble des exportations de marchandises. Avec 18 mines en exploitation, deux fonderies d’envergure internationale et de multiples projets d’ouverture ou d’agrandissement en cours, l’essor du secteur constitue une priorité provinciale.
Toutefois, cette croissance accentuera la pression sur l’industrie et sa main-d’œuvre, dont les effectifs déclinent depuis les années 2010 sous l’effet des départs à la retraite, de capacités de formation limitées et de la concurrence d’autres secteurs. Aujourd’hui, avec environ 30 000 employés, le secteur minier ne représente plus que 1 % de l’effectif total de la province. Cela la rend vulnérable aux fluctuations soudaines de la demande, qui sont inévitables dans un secteur axé sur les projets.
Les structures de formation et les cadres politiques actuels peinent à rester suffisamment flexibles pour répondre aux besoins croissants dans 120 métiers différents.

Ce que nous examinons
La présente recherche vise à approfondir la compréhension de l’offre et de la demande sur le marché du travail minier en Colombie-Britannique, tout en ciblant les obstacles actuels à la prestation des formations. En explorant des solutions concrètes et adaptées aux besoins de l’industrie, ce projet vise à doter la Colombie-Britannique d’une main-d’œuvre qualifiée et fiable, indispensable pour déployer de manière sûre et efficace la Stratégie sur les minéraux critiques de la province.
Ce projet s’articulait autour de trois questions de recherche fondamentales :
- Quels seront les principaux écarts de compétences et pénuries de main-d’œuvre découlant du développement accéléré des mines de minéraux critiques et de métaux précieux au cours des dix prochaines années ?
- Quelles sont les limites et les contraintes de capacité pour combler ces écarts (p. ex., déficit de formation, obstacles au perfectionnement professionnel, infrastructures régionales)?
- Comment les grands modèles de pratiques et de technologies de formation innovantes peuvent-ils combler les lacunes de compétences, actuelles et émergentes, de manière souple, agile et accélérée afin de répondre aux exigences de l’industrie?
Afin de répondre à ces questions de recherche, le projet s’articule autour des volets suivants :
- Élaboration d’une prévision sur dix ans (2024-2035) concernant les variations nettes actuelles et futures de la main-d’œuvre dans le secteur minier.
- Réalisation d’une étude comparative des besoins en compétences du secteur, s’appuyant sur les conclusions du projet de feuille de route des compétences du CTEM de 2023, afin de cerner les goulets d’étranglement qui freinent l’accroissement des effectifs. Réalisation d’un sondage à l’échelle de la province et de 10 entretiens ciblés auprès d’informateurs clés dans les régions de Cariboo et de la Côte-Nord/Nechako.
- Conception d’un cadre d’accélération du développement de la main-d’œuvre visant à arrimer l’offre de formation aux besoins de l’industrie.
Ce que nous apprenons
La croissance attendue de l’industrie minière de la Colombie-Britannique accentuera la demande de main-d’œuvre et de compétences au-delà des capacités actuelles
Les prévisions économétriques pour la période 2024-2035 révèlent que l’industrie minière de la Colombie-Britannique fera face à une hausse substantielle de la demande de main-d’œuvre. Selon un scénario de croissance de référence, le recrutement de 35 000 nouveaux travailleurs sera nécessaire au cours de la prochaine décennie pour absorber la croissance nette de l’emploi et remplacer les départs à la retraite. Une analyse par projet ciblant 49 sites actifs et d’exploration corrobore cette projection, anticipant une forte hausse de l’emploi entre 2029 et 2032. Or, l’offre de formation ne suit pas le rythme de cette croissance : Le marché du travail interne de la Colombie-Britannique ne répond actuellement qu’à 72 % des besoins de l’industrie, imposant un recours massif au recrutement interprovincial et international pour pourvoir les 28 % de postes restants. Cette vulnérabilité s’accentuera avec l’expansion du secteur.
Il s’avère indispensable d’arrimer l’offre de formation aux compétences clés et aux profils les plus recherchés sur le marché du travail
Les plus grandes lacunes en matière de compétences se situent dans les domaines de l’exploitation, de la régulation et des essais de contrôle de la qualité, parallèlement à des aptitudes cognitives comme la perception de la profondeur et la visualisation spatiale. Bon nombre de ces compétences recoupent celles d’autres secteurs industriels, ce qui ouvre des perspectives uniques en matière de transférabilité de la main-d’œuvre. Le succès de l’industrie dépendra toutefois de sa capacité à faire face à la concurrence d’autres secteurs pour s’attirer cette main-d’œuvre.
La mise en place de formations au niveau local pourrait permettre de relever de nombreux défis
Afin d’évaluer la structure de formation du secteur minier de la Colombie-Britannique, un sondage a été diffusé auprès de près de 100 parties prenantes à l’automne 2025, permettant de recueillir 37 réponses d’employeurs, de formateurs et d’organisations partenaires. Bien que les résultats de l’enquête soient utiles, il convient de souligner que les responsables locaux ne sont pas suffisamment représentatifs. Les conclusions révèlent que les besoins en main-d’œuvre restent particulièrement critiques pour les opérateurs miniers débutants, les manœuvres et les conducteurs d’engins lourds, suivis des rôles liés au forage, à l’exploitation souterraine, au traitement en usine, à la minéralurgie, ainsi qu’à la surveillance environnementale et à la sécurité. Par ailleurs, le sondage révèle que les compétences en supervision, en leadership et en gestion figurent parmi les lacunes les plus critiques, en grande partie en raison d’un manque de fidélisation et de planification de la relève pour les travailleurs en milieu de carrière.
Les freins à la formation sont souvent d’ordre logistique
L’extensibilité de la formation est actuellement limitée par une pénurie d’équipements modernes et de formateurs qualifiés. Dans les communautés rurales et éloignées, les principaux freins incluent également les contraintes financières, l’isolement géographique et les limites en matière de transport. Les parties prenantes privilégient nettement une transition de l’industrie vers des modèles de formation communautaires. Ces modèles, qui intègrent le mentorat et des pratiques adaptées aux réalités culturelles, s’avèrent indispensables pour accroître l’engagement initial et la fidélisation à long terme des effectifs.
Les défis et les opportunités varient selon les régions
Dans la région du Cariboo, en Colombie-Britannique, la pénurie de logements et la perte de revenus durant la formation ont été signalées comme des freins majeurs. Il existe toutefois un fort potentiel pour développer des passerelles de transition du secteur forestier vers l’industrie minière, ainsi que des pôles régionaux de formation s’appuyant sur les infrastructures postsecondaires communes. Dans les régions de Northcoast et de Nechako, l’instabilité du financement et le manque de services de garde ont été identifiés comme des freins majeurs, particulièrement pour les femmes. Ces régions privilégient des modèles de formation sur site, des modes de prestation communautaires et des occasions de mentorat. En répondant à ces défis locaux, la Colombie-Britannique sera mieux en mesure d’arrimer sa capacité de formation aux besoins des diverses communautés minières.
Élaboration d’un cadre d’accélération des compétences pour répondre aux besoins régionaux du secteur minier
Un programme d’accélération de la formation minière bien conçu permettrait de pérenniser la structure de formation de la C.-B. en complétant l’écosystème existant par des interventions ciblées et efficientes. Ce cadre associe la formation en entreprise à une planification stratégique des effectifs, privilégiant l’apprentissage continu et le développement adaptatif des compétences afin d’ouvrir des parcours d’accès aux carrières de qualification moyenne. Cela permettrait à l’industrie minière de pallier les pénuries de main-d’œuvre immédiates tout en renforçant sa résilience à long terme, garantissant ainsi que la province soit prête à soutenir la croissance du secteur.
Pourquoi c’est important
Le Canada est déterminé à renforcer sa capacité d’extraction de minéraux critiques, grâce à d’importants investissements dans des projets miniers et les infrastructures requises pour accéder aux sites et transporter la main-d’œuvre et les produits. Outre les investissements financiers, une nouvelle alliance pour la main-d’œuvre axée sur le secteur minier a été créée. Regroupant des employeurs, des syndicats, des associations sectorielles, des établissements postsecondaires et des partenaires autochtones, elle vise à répondre aux nombreux défis de main-d’œuvre mis en évidence dans ce projet.
L’industrie minière de la Colombie-Britannique ne pourra pleinement réaliser son potentiel économique sans une intervention sur l’offre de main-d’œuvre et une modernisation des modèles de formation. Ce projet appuie la Stratégie sur les minéraux critiques de la Colombie-Britannique en déterminant les conditions de sa mise en œuvre, notamment en ce qui concerne l’offre de main-d’œuvre qualifiée et les mesures de recrutement et de rétention des travailleurs. Ce projet propose également une feuille de route concrète pour préserver l’avantage concurrentiel de la Colombie-Britannique dans une économie sobre en carbone.
Au-delà de l’industrie minière, cette étude éclaire la manière dont le marché du travail élargi de la Colombie-Britannique peut s’adapter à une économie en mutation. Ce rapport montre comment une meilleure information sur le marché du travail (IMT) peut orienter les transitions professionnelles, garantissant que la relève possède les compétences en forte demande dont les employeurs de la C.-B. et du Canada ont besoin pour rester compétitifs. Plus important encore, cette étude fournit des orientations cruciales sur la manière dont les trajectoires de décarbonation au Canada modifieront l’équilibre entre l’offre et la demande de main-d’œuvre dans les métiers spécialisés.

État des compétences :
Innovation en matière de formation, de recrutement et de perfectionnement pour les métiers spécialisés
Le Canada doit s’attaquer aux lacunes de longue date en matière de professionnels qualifiés afin de faire avancer les priorités politiques en matière de décarbonisation, de logement abordable et de transformation de l’industrie pour ajouter plus de valeur à ce que nous produisons.
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Comment Citer Ce Rapport
Dark, G. (2025). Rapport sur les perspectives du projet : Projet de recherche sur l’innovation en matière de compétences minières, Association minière de la Colombie-Britannique. Toronto : Centre des Compétences futures. https://fsc-ccf.ca/fr/recherche/mining-skills-innovation/
Projet de recherche sur l’innovation en matière de compétences minières est financé par le gouvernement du Canada dans le cadre du programme Compétences futures. Les opinions et les interprétations contenues dans cette publication sont celles de l’auteur et ne reflètent pas forcément celles du gouvernement du Canada.

