Polygon Created with Sketch. Blog

Face à un marché du travail difficile, les jeunes doivent réinventer leur trajectoire

Vous rappelez-vous votre premier emploi ?  Durant mon adolescence, j’étais ravie de passer mes samedis à travailler à la quincaillerie locale. J’y ai appris à tailler des clés, à préparer de la peinture et à faire la différence entre les embouts cruciformes et Robertson. Mais surtout, ce travail m’a permis d’acquérir une excellente expérience en service à la clientèle et d’affiner mon jugement tout comme mon sens des responsabilités.

Pour les nombreux jeunes qui se lancent aujourd’hui dans la vie active, décrocher un premier emploi semble plus difficile que jamais. Alors que le chômage chez les jeunes atteint un sommet en 15 ans, les plus récentes données révèlent que 12,6 % des Canadiens de 15 à 24 ans étaient sans emploi en juillet 2026, un chiffre qui met en lumière les difficultés croissantes éprouvées par les jeunes pour intégrer le marché du travail. Le rapport « État des compétences » du Centre des Compétences futures sur l’emploi des jeunes le souligne bien : derrière ces chiffres se cachent des milliers de jeunes. Des jeunes qui peinent à acquérir l’expérience, le réseau et les opportunités qui façonneront pourtant toute leur carrière.  

Ce défi n’est pas lié à un facteur unique, mais découle plutôt d’une combinaison de mutations économiques. Le Canada traverse actuellement une période de ralentissement des embauches, et les jeunes actifs se retrouvent souvent concentrés dans des secteurs particulièrement exposés à la conjoncture économique (notamment le commerce de détail, l’hébergement et la restauration). Avec le ralentissement des recrutements, ces postes qui font office de portes d’entrée dans la vie active se font de plus en plus rares.

Les conséquences à long terme des séquelles sur le marché du travail 

C’est important, car les conséquences peuvent s’étendre bien au-delà du cycle économique actuel. Ce phénomène porte un nom : la « cicatrisation économique ». Il désigne l’impact durable qui pèse sur ceux qui débutent leur carrière durant une crise ou un gel des recrutements. Les jeunes qui peinent à trouver un premier emploi en subissent souvent les contrecoups à long terme : revenus plus faibles, évolution de carrière ralentie et manque d’occasions de bâtir ce réseau professionnel si crucial pour l’avenir.

Ces obstacles se cumulent de manière inégale. La démographie et la géographie pèsent lourd dans la balance : les jeunes des milieux ruraux font face à des obstacles bien plus abrupts et à un manque criant d’opportunités locales par rapport à ceux des grands centres urbains. Privés de ces premières expériences, les jeunes ne peuvent pas bâtir le capital social et le réseau professionnel indispensables pour ouvrir des portes plus tard. Ils se voient privés des premiers jalons d’expérience et de responsabilité qui permettent de se bâtir un avenir.

La bonne nouvelle, c’est que nous savons ce qui fonctionne

Ces dernières années ont été marquées par une foule d’investissements et d’innovations en matière de formation et d’emploi des jeunes. Si le gouvernement fédéral a offert des subventions salariales pour l’embauche des jeunes, les provinces ont de leur côté encouragé, voire exigé, que les établissements postsecondaires proposent davantage d’apprentissage expérientiel. Qu’il s’agisse de stages, de programmes coopératifs ou d’apprentissage expérientiel, ces passerelles d’apprentissage en milieu professionnel durant les études s’avèrent indispensables pour relier le monde académique à l’emploi. Ces opportunités permettent aux étudiants d’acquérir des compétences pratiques, de gagner en confiance et de prouver leur valeur aux employeurs avant même la fin de leurs études.

La plupart des politiques et des programmes ciblent les jeunes afin de les préparer au marché du travail et de leur transmettre des compétences recherchées. Parallèlement, nous constatons que les employeurs ont tout à gagner à miser sur le potentiel et le dynamisme des jeunes talents. Les jeunes apportent un regard neuf, une grande agilité et possèdent aujourd’hui les compétences les plus solides du marché en matière d’adoption de l’IA. De plus, ils apportent une curiosité et une soif d’apprendre : des qualités devenues indispensables dans une économie en pleine mutation. Les recruteurs devraient valoriser davantage les compétences comportementales et relationnelles. Des compétences comme la communication efficace, la collaboration et l’adaptabilité sont bien plus difficiles à transmettre rapidement sur le terrain. 

Si nous voulons offrir de meilleures perspectives d’avenir aux jeunes, il est indispensable de multiplier les passerelles entre les études et l’emploi. Investir dès aujourd’hui dans ces opportunités permettra de bâtir une main-d’œuvre plus forte et une économie plus résiliente pour les années à venir.

Propos recueillis lors d’un entretien entre Tricia Williams et BetaKit. Des outils d’intelligence artificielle ont été utilisés pour la transcription et la première version de ce texte. Le texte final a été entièrement relu et finalisé par notre équipe pour en garantir l’exactitude.

Les points de vue, les réflexions et les opinions exprimés ici sont ceux de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue, la politique officielle ou la position du Centre des Compétences futures ou de l’un de ses membres du personnel ou des partenaires du consortium.