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Comprendre le phénomène de travail à la demande et comment il se vit au Canada

Le travail à la demande et les travailleurs à la demande augmentent, évolution alimentée par la technologie qui rend cette forme de travail plus facilement accessible. Qu’est-ce que cela signifie pour le marché du travail canadien et comment devons-nous réagir? Comprendre comment les travailleurs entrent, naviguent et vivent l’économie à la demande est un élément essentiel pour mieux comprendre quelles politiques sont nécessaires pour mieux les protéger et les soutenir. Ce rapport explore ce que nous savons et ce que nous devons savoir sur la nature de l’économie des petits boulots au Canada et les expériences de ses travailleurs.

Points importants

1

On peut affirmer de manière générale que les personnes qui s’engagent dans le travail à la demande au Canada ont tendance à gagner moins, en moyenne, que la famille de travailleurs médiane. Cela suggère que si certains travailleurs à la demande gagnent certainement beaucoup plus que les moyennes ou médianes nationales, le travailleur à la demande moyen se tourne vers le travail à la demande pour saisir l’occasion d’augmenter ou de remplacer un revenu insuffisant.

2

En se présentant comme des intermédiaires plutôt que comme des prestataires de services, les opérateurs de plateformes d’emplois à la demande peuvent transférer la quasi-totalité de leurs risques et coûts commerciaux à d’autres, dont les travailleurs, mais aussi les consommateurs et les contribuables.

3

Statistique Canada rapporte également que les travailleurs temporaires indépendants représentent aujourd’hui plus de 20 % de la main-d’œuvre et constituent de loin le groupe de travailleurs à la croissance la plus rapide au Canada. Les données du Canada et des États-Unis indiquent une tendance continue à la hausse du nombre de personnes employées dans l’économie à la demande

Résumé

Le travail et les travailleurs à la demande occupent une place de plus en plus importante dans le marché du travail canadien. Au fur et à mesure que nous nous éloignons du modèle traditionnel de la relation employeur-employé qui a dominé l’après-Seconde Guerre mondiale, les formes alternatives de travail qui se sont développées – particulièrement celles rendues possibles par la technologie – demandent qu’on s’y intéresse davantage.

Le présent rapport témoigne d’une tentative de comprendre ce que nous savons, et ce que nous devons savoir, sur la nature de l’économie à la demande au Canada et les expériences de ses travailleurs. L’objectif est de souligner les domaines qui doivent faire l’objet d’études, de jeter les bases de ces études et d’aider à façonner l’élaboration d’un programme de politiques fondé sur des données probantes qui soutienne toute la gamme des travailleurs à la demande au Canada.

Depuis un certain temps déjà, la technologie a rendu possible le travail à la demande dans, entre autres, les centres d’appel et les industries des technologies de l’information et des communications externalisées. Cependant, des innovations plus récentes basées sur les applications et le Web, telles que les plateformes de jumelage, ont changé le travail à la demande moderne au point qu’il doit être repensé sur le plan des politiques. La technologie moderne a tellement amplifié et modifié le fonctionnement du travail à la demande qu’elle a fondamentalement changé l’activité.

Dans le présent rapport, nous explorons différents aspects, tels que l’offre et la demande de travail, ainsi que la capacité désormais quasi universelle des gens à accéder à des plateformes technologiques de travail à la demande qui ont influencé et catalysé la hausse de ce type de travail au Canada.

Mais que signifient ces changements pour les exploitants des plateformes, les décideurs des politiques du travail et du commerce, et les travailleurs à la demande eux-mêmes?

Le travail à la demande est souvent dépeint en noir et blanc : un travailleur à la demande est considéré soit comme un jeune de la génération Y qui gagne beaucoup d’argent en misant sur ses compétences numériques, soit comme une personne peu qualifiée qui gagne un revenu irrégulier en étant exploitée par des opérateurs de plateforme invisibles et anonymes. Avant d’avoir une conversation approfondie sur les avantages, les inconvénients et les cadres réglementaires qui devront régir le travail à la demande et protéger les travailleurs, il est nécessaire de clarifier ce qui distingue les diverses expériences de ces travailleurs.

Que le travail à la demande soit « bon ou non pour les travailleurs dans un sens général, il gagne en popularité. Par conséquent, les décideurs politiques, les universitaires et les potentiels travailleurs à la demande eux-mêmes doivent comprendre ce domaine de travail et ses conséquences pour leur vie professionnelle et leur avenir (p. ex. la retraite). Du point de vue de l’employeur, il faut également comprendre ce que le travail à la demande signifie sur le plan de la disponibilité de la main-d’œuvre. L’examen des différents aspects qui influent sur le travail et les expériences des travailleurs à la demande peut nous aider à comprendre les circonstances et à commencer à cerner ce type d’emploi.

L’incertitude, à la vulnérabilité et à la précarité accrues que connaissent de nombreux travailleurs en raison de la pandémie de la COVID-19 accentuent le besoin de telles connaissances. Les travailleurs à la demande sont à la fois particulièrement vulnérables et perçus comme des travailleurs essentiels. On peut se demander si leurs besoins sont peut-être mis en lumière plus que par le passé et si, par conséquent, ce changement de paradigme concernant la nature essentielle de leur travail persistera après la pandémie

Pour de plus amples informations, contacter:

Kathleen Powderly – Responsible Comms
kathleen@responsiblecomm.ca

Peter Aterman – Centre des compétences futures
paterman@ryerson.ca

Tomek Sysak – Forum des politiques publiques
TSysak@ppforum.ca

Auteurs

Elle Ziegler

 

En tant que chef de file en conception et recherche chez Doblin Canada, Elle Ziegler dirige des projets des secteurs public et privé dans le domaine de la recherche et du développement des connaissances, du renforcement des capacités, de l’engagement communautaire et de la stratégie. Ses antécédents en architecture et en méthodes participatives lui ont donné une compréhension unique de la façon d’appliquer une connaissance approfondie de la recherche et de la conception centrée sur l’homme à un éventail de questions. Elle a eu le plaisir de parler de ses méthodes de recherche lors de conférences telles que la Canada Service Design Conference et le Gehl Institute’s Public x Design. Plus récemment, elle était panéliste à la conférence PPF Brave New Work 2020.

Dr. Karen E. McCallum

Karen E. McCallum est associée principale de recherche à l’Institut de la diversité de la Ted Rogers School of Management, Ryerson University, Toronto, Canada. Elle a obtenu son doctorat en droits de l’homme de l’Institute of Commonwealth Studies, School of Advanced Study (Université de Londres, Royaume-Uni) en 2018, enquêtant sur la psychologie sociale de l’adoption des droits autochtones par les militants colons canadiens. Elle possède une formation en sciences sociales interdisciplinaires avec une expertise en études de genre et en recherche féministe (MA, Université McMaster) et en études environnementales (BENV, Université de Waterloo). Ses recherches et son enseignement s’inspirent principalement des études autochtones, de la sociologie (études des mouvements sociaux) et de la psychologie sociale (théorie de l’identité de groupe, théorie du contact, sociologie des émotions).

Katherine Porter

Katherine est consultante en design avec une expérience en architecture et design, en éducation design et en recherche design. Elle a obtenu une maîtrise de l’Université de Toronto et de la Rhodes Island School of Design. Ancienne consultante chez Deloitte, Katherine se spécialise dans l’aide aux clients pour trouver de nouvelles opportunités d’innovation grâce à la recherche et à la facilitation de la conception. Katherine est cofondatrice et directrice de la conception d’Undu Wearables Ltd, une entreprise de technologies de la santé qui développe des thérapies portables contre la douleur menstruelle. Son équipe a reçu le prix national James Dyson 2019.

Reyhaneh Noshiravani

Reyhaneh Noshiravani est chercheur et consultant spécialisé dans les risques, la réglementation et la sécurité internationale. Elle est professeure agrégée à ESCP Europe et boursière au Sir Michael Howard Center for the History of War du King’s College de Londres, où elle a obtenu son doctorat en études de guerre. Auparavant, elle était consultante chez Deloitte, où elle a développé un leadership éclairé sur des sujets liés à la croissance du Canada et à la compétitivité mondiale.

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Le Centre des Compétences futures est un centre de recherche et de collaboration visionnaire qui a pour mission de préparer les Canadiens à la réussite professionnelle et de répondre aux besoins des employeurs en matière de talents. À titre de communauté pancanadienne, nous réunissons des experts et des organisations de divers secteurs afin de déterminer, d’évaluer et de partager avec rigueur des approches novatrices visant à développer les compétences et les environnements de travail, dans le but d’inciter à la prospérité et à l’inclusion.