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De la nécessité naît l’invention : compétences pour l’innovation dans un monde postpandémique

La pandémie de COVID-19 a contraint beaucoup de lieux de travail à innover rapidement afin de tout simplement survivre. L’innovation est cependant une composante clé à notre prospérité économique, même en temps normal. Pour réussir, la stratégie canadienne en matière de compétences doit aborder les compétences nécessaires à l’innovation dans tous les secteurs – des entrepreneur.e.s individuel.le.s aux PME et aux grandes entreprises et même au sein du gouvernement lui-même. Alors que le Canada a déployé des efforts considérables pour favoriser une économie forte de l’innovation, la pandémie a aidé à révéler où ces efforts ont jeté des bases solides pour le succès mais aussi les domaines où beaucoup reste encore à faire.

Points importants

1

Les recherches disponibles suggèrent que 50 pour cent de la main d’œuvre devra acquérir de nouvelles compétences au cours des cinq prochaines années en raison de la double rupture occasionnée par la COVID-19 et l’automatisation technologique croissante qui avait déjà transformé le travail avant même que personne n’ait entendu parler de la COVID-19.

2

Malgré des investissements publics massifs en recherche et développement, et une main d’œuvre parmi les mieux instruites au monde, le rendement du Canada en matière d’innovation est une source de préoccupation depuis un certain temps. Les lacunes qui apparaissent clairement aux niveaux macro, méso et micro de l’écosystème de l’innovation doivent être comblées afin que le bilan du Canada en matière d’innovation s’améliore.

3

Des études montrent que même si des initiatives impressionnantes aux résultats prometteurs font foison au sein de l’écosystème de l’innovation au Canada, la concurrence pour des ressources rares et un manque de coordination entre les organisations créent un fractionnement et une duplication des efforts, limitant les opportunités de partage entre les institutions, les autorités et les secteurs.

Résumé

On a largement invoqué les effets négatifs de la pandémie de COVID-19 sur l’économie, ainsi que les perturbations, du bouleversement et du chaos créés au sein de la population active lorsque des fermetures en masse ont été imposées dans le monde. Toutefois, la pandémie a également suscité un élan d’innovation, la nécessité obligeant les entreprises, les gouvernements et les personnes à trouver des moyens de s’adapter. Elle a non seulement été le moteur de la création de nouvelles technologies, mais aussi du développement de nouveaux produits et services, de changements dans les processus, de l’élaboration de nouveaux modèles d’entreprise, et même de virages dans l’approche du travail lui même.

Pourtant, beaucoup reste à faire pour que le Canada parvienne à suivre le rythme accéléré du changement qui caractérise l’économie et la société d’aujourd’hui, sans mentionner le développement d’une résilience suffisante pour vaincre la pandémie actuelle et se préparer à des chocs futurs similaires. Le Canada détient l’un des taux d’investissement les plus élevés dans l’éducation ainsi que dans la recherche et le développement (R et D), mais ces investissements ne se traduisent pas par les améliorations désirées de la productivité, de la commercialisation efficace des technologies ou de lacroissance du PIB.

Si l’innovation est la clé de notre prospérité économique, la stratégie canadienne en matière de compétences doit aborder les compétences nécessaires à l’innovation dans tous les secteurs – des petites et moyennes entreprises aux grandes sociétés et même au niveau du gouvernement lui-même.

Dans ce contexte, le présent rapport explore :

  • La définition de l’innovation et les rôles de l’entrepreneuriat et des compétences qu’il requiert;
  • Les répercussions de la COVID-19 sur l’innovation, notamment sur les petites et moyennes entreprises; et
  • Les implications pour la définition, l’évaluation, le développement et l’utilisation des compétences.

Avant la pandémie, le discours sur l’innovation était défini par des compréhensions plutôt restreintes de l’innovation et une attention disproportionnée portée au secteur technologique. Cette préoccupation par le secteur des technologies, l’innovation technologique et la création d’emplois hautement qualifiés dans le domaine des technologies a eu pour conséquence involontaire d’exclure de larges segments de l’économie et de la société du débat sur l’innovation. L’arrivée de la COVID-19 a mis en évidence l’importance de nouveaux modèles d’entreprise, de nouvelles méthodes de travail, de nouveaux modes de commercialisation et de distribution, l’importance cruciale de soutenir l’adoption de la technologie — et les compétences nécessaires à cette adoption— ainsi que la création de nouvelles technologies. En d’autres termes, nous devons réfléchir plus globalement à la fois à ce qui constitue l’innovation et aux compétences requises pour la rendre possible.

L’arrivée de la COVID-19 a non seulement mis en évidence l’importance cruciale de compétences spécifiques pour des rôles précis qui ont changé ou se sont élargis, mais aussi les compétences nécessaires pour anticiper les chocs du système et y répondre. Parmi ces compétences figurent celles qui sont nécessaires pour continuer à transformer les secteurs public et privé, pour créer et développer des projets d’entrepreneuriat et pour élaborer et mettre en œuvre de nouvelles stratégies et de nouveaux modèles d’entreprise.

Parallèlement, il est nécessaire de soutenir les initiatives stratégiques visant à améliorer l’accès à la formation et aux possibilités de travail décent pour tous les Canadiens et Canadiennes, pour qu’ils/elles puissent tirer parti de leur potentiel d’innovation. Dans ce contexte, il est plus que jamais important d’évaluer et de combler sciemment les lacunes en matière de compétences, notamment les compétences nécessaires pour continuer à promouvoir et à consolider les acquis de l’innovation en milieux de travail numériques. De nouvelles façons de travailler ont créé des défis considérables, et de nouvelles compétences sont nécessaires, tant chez les employeurs.euses que chez les employé.e.s, afin de naviguer dans ces nouvelles façons, car il est clair qu’un retour à la normale ne signifie pas nécessairement un retour au bureau tel qu’il était avant la pandémie.