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Les compétences numériques et le déficit de compétences

Depuis plus de 20 ans, l’industrie dénonce le déficit de compétences et le besoin de compétences numériques. Le problème de ce qu’on appelle le « déficit de compétences numériques » est un phénomène mondial; cependant, il ne fait guère de doute que la pandémie de COVID-19 a accéléré la transformation numérique de nombreuses industries à mesure que les produits et services se sont déplacés en ligne et que le travail de la maison est devenu plus courant. KPMG affirme que 80 % des entreprises affirment avoir besoin de plus de travailleurs ayant des compétences numériques, mais les deux tiers ont du mal à trouver et à embaucher le talent approprié. Parmi les chefs et cheffes de direction canadiens, 79 % affirment que la pandémie a changé leur façon de travailler et qu’il faut plus de personnel ayant des compétences en TI. Les évaluations les plus récentes de la main-d’œuvre des technologies de l’information et des communications (TIC) suggèrent qu’il y a maintenant plus d’emplois numériques en dehors du secteur des TIC – qui comprend des entreprises qui fabriquent et vendent du matériel, des logiciels, des services et des réseaux – qu’au sein de celui-ci. La vente au détail, la fabrication, les institutions financières, les gouvernements, les organismes sans but lucratif, l’agriculture et les ressources intensifient tous leur utilisation des technologies numériques.

Malgré les allégations de pénurie de compétences, il est prouvé que de nombreux segments de la population restent sous-employés dans le secteur. La sous-représentation des femmes persiste depuis des décennies, mais il existe également des preuves d’une situation de « tuyau percé »; les femmes qui travaillent dans les TIC quittent. Les professionnels formés à l’étranger – qui sont souvent racialisés – ainsi que les Autochtones et certaines personnes racialisées, y compris les personnes noires, sont particulièrement sous-représentés. La fracture numérique ne dépend pas seulement de la géographie ou de l’accès aux infrastructures, mais concerne également les compétences nécessaires pour accéder à la technologie et l’utiliser.

Une partie du défi réside dans le fait que le domaine évolue rapidement et qu’il y a peu de cohérence dans la définition des emplois numériques ou des compétences numériques et encore moins sur la façon de les développer efficacement. Les compétences numériques sont souvent considérées comme synonymes d’informatique et d’ingénierie, en mettant l’accent sur le codage et les compétences nécessaires pour développer la technologie; toutefois, les compétences numériques vont bien au-delà du développement et de la fourniture de matériel, de logiciels et de services connexes. Certaines des lacunes les plus importantes concernent les personnes qui comprennent comment adapter la technologie aux besoins de l’organisation et soutenir son adoption.

Alors que de nombreux employeurs préconisent d’accroître le bassin et d’encourager les jeunes étudiants et étudiantes à acquérir des compétences technologiques afin d’accroître la proportion de personnes ayant des diplômes postsecondaires et possédant des titres de compétences pertinents, d’autres employeurs ont commencé à remettre en question la valeur des attestations d’études postsecondaires traditionnelles, plaidant plutôt en faveur de cadres de compétences plus solides et plus actuels et de parcours d’accès alternatifs plus adaptés. En règle générale, les établissements postsecondaires sont lents à s’adapter. Bien que les immigrants et les immigrantes et les personnes racialisées soient surreprésentés dans le secteur, il est prouvé qu’ils font face à des obstacles pour accéder au marché du travail et qu’ils sont souvent sous-utilisés.

Le Canada a obtenu un score élevé pour ce qui est des niveaux de jeunes qualifiés et de l’utilisation des compétences numériques dans la vie quotidienne des gens lors de l’étude 2019 sur la préparation numérique de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE); cependant, le pays continue de se classer au milieu, comme pays moyennement performant, en ce qui concerne l’exploitation de l’innovation pour stimuler l’utilisation des compétences. Nos scores globaux en matière d’innovation et de productivité restent loin derrière, ce qui suggère que nous risquons de perdre davantage de terrain si nous ne répondons pas aux besoins en compétences numériques de manière innovante.

Alors, quels sont les obstacles à la planification et à la formation pour l’économie numérique? Comment pouvons-nous nous assurer que le Canada prend les bonnes mesures fondées sur des données probantes pour bâtir une société numérique et un solide bassin de talents en TIC pour demain et qui inclut tous les talents du pays? Ce rapport expose des données importantes sur le débat sur les compétences numériques et vise à y contribuer en examinant les définitions des compétences en TIC, des compétences numériques et du déficit de compétences, ainsi qu’en évaluant les preuves de pénuries de main-d’œuvre et en retraçant la participation et l’avancement de divers groupes dans le secteur des TIC.

Principales conclusions

Les évaluations les plus récentes de la main-d’œuvre des technologies de l’information et des communications (TIC) suggèrent qu’il y a maintenant plus d’emplois numériques en dehors du secteur des TIC – qui comprend des entreprises qui fabriquent et vendent du matériel, des logiciels, des services et des réseaux – qu’au sein de celui-ci.

Alors que de nombreux employeurs préconisent d’accroître le bassin et d’encourager les jeunes étudiants et étudiantes à acquérir des compétences technologiques afin d’accroître la proportion de personnes ayant des diplômes postsecondaires et possédant des titres de compétences pertinents, d’autres employeurs ont commencé à remettre en question la valeur des attestations d’études postsecondaires traditionnelles, plaidant plutôt en faveur de cadres de compétences plus solides et plus actuels et de parcours d’accès alternatifs plus adaptés.

Malgré les allégations de pénurie de compétences, il est prouvé que de nombreux segments de la population restent sous-employés dans le secteur. La sous-représentation des femmes persiste depuis des décennies, mais il existe également des preuves d’une situation de « tuyau percé »; les femmes qui travaillent dans les TIC quittent.

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