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Faire des besoins des petites entreprises une priorité de la relance économique : webinaire

Au sortir de la pandémie, au moment où l’économie canadienne rebondit et commence à se reconstruire, les gouvernements et les décideurs devront impérativement tenir compte des besoins des petites entreprises et pour qu’elles aient accès aux compétences et aux talents nécessaires à leur rétablissement et à leur croissance.

Voilà l’un des principaux messages du récent webinaire Des compétences pour la croissance : Stratégies pour les petites et moyennes entreprises canadiennes, animé par Pedro Barata, directeur général du Centre des Compétences futures (CCF). Les conférenciers ont traité des défis que doivent relever les PME et ont proposé des solutions.

La pénurie de compétences

Trouver et retenir des travailleurs ayant les bonnes compétences demeure un problème récurrent pour les PME. Et si la pandémie n’a pas créé ce problème, elle l’a sûrement aggravé. « Depuis cinq ans, la pénurie de compétences, ou le décalage des compétences, figure au premier rang des enjeux nuisant à la prospérité future de nos membres », déclare Rocco Rossi, président et directeur général de la Chambre de commerce de l’Ontario. « Les travailleurs doivent constamment se former et se recycler tout au long de leur carrière, ajoute-t-il. » 

Les effets inégaux de la pandémie

Les groupes en quête d’équité sont sous-représentés sur le marché du travail et ils se heurtent à des barrières systémiques, c’est-à-dire que sur le plan économique, ils ont été plus durement touchés par la COVID-19 que le reste de la population. Songeons aux Autochtones et aux communautés racisées, aux femmes, aux jeunes, aux nouveaux arrivants, aux personnes de diverses identités de genre, aux personnes handicapées, à la communauté LGBTQ+, aux travailleurs âgés et à ceux qui n’ont pas fait d’études postsecondaires.

« Beaucoup de propriétaires d’entreprise et d’entrepreneurs noirs ont difficilement accès à des capitaux, à des réseaux et à du mentorat », se désole Nadine Spencer, directrice générale de la Black Business and Professional Association. « Nous n’avons ni les ressources ni les réseaux pour nous guider dans notre croissance au sortir de la pandémie. Il est donc primordial de nous pencher sur la formation pour préparer les jeunes Noirs aux emplois et proposer des solutions pour que ces programmes les atteignent. »

L’adoption plus rapide de la technologie

Selon Brice Scheschuk, directeur associé chez Globalive Capital, la pandémie a grandement accéléré l’adoption de la technologie. « Nous avons observé d’énormes vagues de transformation numérique dans de nombreux secteurs, l’accélération de l’IA et l’augmentation de la demande dans les emplois en technologie. L’innovation qu’on a connue durant la crise sanitaire a fait en sorte que tout le monde veut se perfectionner rapidement et le secteur technologique est probablement l’un de ceux qui ont amplifié le problème de recrutement que l’on connaît en Amérique du Nord. » Les programmes comme MindFrame Connect, qui visent à faciliter l’innovation chez les entrepreneurs et dans les entreprises en démarrage, aideront les PME à prospérer.

La rapidité de l’adoption de la technologie a aussi soulevé d’autres problèmes. En effet, la prévalence de la technologie a révélé le « fossé numérique », c’est-à-dire que tous n’ont pas accès à une connexion Internet à haute vitesse fiable ou à la large bande. C’est le cas dans de nombreuses régions du pays et c’est ce qui nuit aux entreprises, car elles ne peuvent pas s’adapter rapidement. Il faut continuer de défendre le droit à une connexion Internet fiable auprès des gouvernements et du secteur privé, non seulement pour appuyer les entreprises, mais aussi pour faciliter l’enseignement et la formation.

La croissance inclusive alimente l’économie

La prospérité exige la participation de tous les groupes de l’écosystème du marché du travail. Sans la pleine participation de tous, le Canada ne pourra pas assurer sa croissance économique. Il sera important de jumeler les groupes sous-représentés aux employeurs et de veiller à ce que la formation corresponde à leurs besoins diversifiés. « En collaborant avec différents partenaires, nous constatons qu’il ne faut pas qu’offrir de la formation, mais aussi favoriser la confiance en soi et la résilience », souligne Wendy Cukier, modératrice du webinaire et fondatrice du Diversity Institute de l’Université Ryerson. « Il faut que l’inclusion demeure une priorité et que nos formations et nos services à l’emploi joignent les gens là où ils sont. »

Réinventer l’enseignement et la formation

Il faut adopter d’autres méthodes d’enseignement et de formation, y compris la microcertification, accélérer le transfert des compétences et faire preuve de souplesse face aux besoins des employeurs. Les cours de courte durée et les modules d’apprentissage en ligne comme ceux de la nouvelle plateforme de formation et d’apprentissage offrent des ressources et des outils pour renforcer le développement des compétences au sein des PME. Il faut davantage valoriser les métiers spécialisés et renforcer la dignité de tous les types d’emplois, car tout le monde ne va pas faire des études universitaires. Pour être efficace, la formation doit correspondre aux besoins de ceux pour qui elle est conçue, tenir compte des difficultés des groupes en quête d’équité et comporter des approches adaptées aux cultures, comme le fait le programme L’entrepreneuriat et le leadership des communautés noires. Les programmes de formation devraient aussi comprendre l’acquisition de compétences essentielles, comme la communication de base, la littératie financière, les relations interpersonnelles, les compétences transférables, le budget du ménage et la création d’un plan d’affaires puisque ces habiletés ne sont pas données à tous.

La nécessité de la coopération

Les principaux intervenants, enseignants et prestataires de formation privés, de même que l’industrie, le milieu des affaires et les gouvernements ne doivent pas travailler chacun de leur côté, mais plutôt collaborer pour soutenir les petites entreprises. « La première étape consiste à faire preuve d’une incroyable humilité pour ne pas ériger de silos d’experts en la matière qui ne communiquent pas entre eux, fait valoir Rocco Rossi. Il faut échanger pour que les entreprises puissent prospérer et non pas simplement survivre. »

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