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Joindre le geste à la parole : réflexions sur l’établissement de relations dans le cadre du développement de la main-d’œuvre autochtone

La deuxième journée du Symposium sur les carrières innovantes et les compétences d’avenir pour les Autochtones (le Symposium) venait de s’achever à Vancouver. J’étais assise parmi 35 autres participants au 34e étage des bureaux de TELUS Garden, entouré d’œuvres d’art originales réalisées par des artistes autochtones, notamment l’artiste tsimshian Phil Grey et les artistes haïdas Don Yeomans et Robert Davidson. Alors que nous dégustions notre pain (ou plutôt notre bannock, dans ce cas précis) avec une vue imprenable sur les Rocheuses et l’océan Pacifique derrière nous, nous avons partagé nos anecdotes, nos réflexions et nos expériences des deux jours précédents.

C’est dans ces moments plus calmes, axés sur le rassemblement plutôt que sur le dialogue formel, que la construction de relations solides et fondées sur la confiance entre les partenaires autochtones et non autochtones était la plus évidente. Ces moments nous ont rappelé qu’une collaboration fructueuse repose sur le respect, la réciprocité et la volonté de prendre le temps d’écouter et d’apprendre les uns des autres.

Ce symposium, qui s’est déroulé les 22 et 23 mai 2025, a réuni des dirigeants d’organisations des Premières Nations, des Métis, des Inuits et des Autochtones vivant en milieu urbain, financé par le programme Formation professionnelle et emploi des Autochtones (FPEA). Des représentants du gouvernement fédéral, dont Gerald Gosselin, directeur général de la Direction générale des affaires autochtones à Emploi et Développement social Canada (EDSC), ainsi que des fondations philanthropiques engagées dans la promotion du développement de la main-d’œuvre autochtone se sont joints à eux.

Pendant ces deux jours, le rassemblement s’est déroulé selon les protocoles culturels et les connaissances traditionnelles autochtones, en commençant par une reconnaissance du territoire et un chant d’ouverture interprété par l’aînée Deborah Baker, membre de la nation Squamish. En tant qu’organisation non autochtone, le Centre des Compétences futures œuvre au sein de systèmes qui ont toujours reflété les approches occidentales et coloniales en matière de politiques, de recherche et de financement. Le symposium a réaffirmé que l’établissement de relations entre les partenaires autochtones et non autochtones n’est pas une activité ponctuelle ni un objectif à court terme. C’est une responsabilité permanente qui exige humilité, réflexion et engagement soutenu, les partenaires autochtones déterminant le rythme et l’orientation des travaux.

Fort de l’élan généré à Vancouver, le Centre des Compétences futures s’est associé à Darian Kovacs, fondateur métis de Jelly Marketing and PR et organisateur du rassemblement national ISET 2026, pour co-organiser un déjeuner du secteur de la main-d’œuvre et un dîner des bailleurs de fonds autochtones en janvier 2026. Ces événements représentent la prochaine étape dans un effort de renforcement des relations qui a débuté lors du symposium, créant ainsi un espace pour consolider les relations, partager les connaissances acquises et encourager une plus grande harmonisation entre les bailleurs de fonds, les gouvernements et les organisations autochtones.

De plus, le Centre des Compétences futures mène actuellement une évaluation du programme de préparation de la main-d’œuvre au marketing numérique, à l’IA et aux tarifs douaniers, en étroite collaboration avec le bureau de l’ISET, poursuivant ainsi notre travail avec le directeur général Gerald Gosselin et son équipe. Ce travail reflète une relation approfondie fondée sur le partage des connaissances et l’apprentissage. En combinant les forces du Centre des Compétences futures en matière d’évaluation et de production de données probantes avec le leadership et l’expertise communautaire du bureau de l’ISET, nous soutenons le développement de la main-d’œuvre dirigé par les Autochtones tout en renforçant l’apprentissage au niveau du système. Cette approche souligne un engagement commun en faveur de la collaboration, de la responsabilité et de l’amélioration continue, et révèle le potentiel d’efforts plus coordonnés et évolutifs à travers le réseau ISET. 

Ces activités s’inscrivent dans le cadre plus large du portefeuille des communautés autochtones et nordiques du Centre des Compétences futures. Outre le développement des relations, une grande partie de ce travail a consisté, au cours de la dernière année, à mobiliser les connaissances sur le travail novateur accompli par les partenaires autochtones. En mars 2025, la conférence Insights in Action du Centre des Compétences futures a fait sa dernière étape (virtuelle) au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest, où les dirigeants d’EntrepreNorth et de Yukonstruct ont partagé leurs points de vue sur le développement des compétences pour le Nord, par le Nord. Le Centre des Compétences futures a également organisé un webinaire intitulé « Renforcer la résilience économique : développement des compétences dans les communautés autochtones et nordiques » (Building Economic Resilience:  Skills Development in Indigenous and Northern Communities), qui a mis en avant les conclusions de notre rapport sur l’état des compétences et donné la parole à des entrepreneurs et des petites entreprises autochtones. Le Centre des Compétences futures a également eu l’occasion d’organiser un groupe de discussion avec des décideurs politiques fédéraux sur le développement des compétences dans les communautés autochtones et nordiques, coparrainé par Gerald Gosselin, directeur général de la Direction générale des affaires autochtones à Emploi et Développement social Canada. 

Le Centre des Compétences futures considère la réconciliation comme un processus continu d’apprentissage et de désapprentissage. Joindre le geste à la parole et ne pas se contenter de beaux discours signifie être présent de manière constante, agir de manière responsable et soutenir les solutions proposées par les Autochtones. Ce travail exige de la patience, de la confiance et un engagement à long terme pour se démarquer de ce qu’ont fait de nombreux financeurs par le passé. À l’avenir, le Centre des Compétences futures entend continuer à approfondir ses relations avec ses principaux partenaires, à identifier les possibilités de collaboration et à veiller à ce que chaque avancée significative reflète les priorités, les connaissances et l’expertise des Autochtones.

Pour en savoir plus sur le symposium, lisez le rapport complet ici (en anglais seulement).

Les points de vue, les réflexions et les opinions exprimés ici sont ceux de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue, la politique officielle ou la position du Centre des Compétences futures ou de l’un de ses membres du personnel ou des partenaires du consortium.