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Un avenir fondé sur les compétences : Pourquoi la maîtrise de l’IA doit devenir une priorité à l’échelle nationale

Lorsque j’ai reçu le prix du leader émergent lors de la cérémonie de remise des prix du Forum des politiques publiques, j’ai fait applaudir toute la salle à deux reprises. Cela nous a rappelé à quel point les gens peuvent rapidement trouver un rythme et s’unir lorsqu’on les y invite. C’est précisément ce sentiment d’objectif commun qui m’a motivé à prendre la parole lors de la conférence « Un avenir fondé sur les compétences ». Le Canada s’apprête à entrer dans une ère qui nous oblige à avancer ensemble, de manière délibérée et confiante, vers un avenir façonné par les nouvelles technologies et les nouvelles méthodes d’apprentissage.

Accélérer la résolution des problèmes

Chez Tribe Network, nous travaillons avec des entrepreneurs noirs et racialisés à travers le Canada, en les aidant à accéder à du mentorat, du coaching et des capitaux. Un fondateur en particulier, Collins, a redéfini notre conception de ce que les jeunes peuvent accomplir. Après être arrivé du Nigeria pour étudier l’informatique à l’Université Memorial, il a eu du mal à s’adapter à un nouvel environnement et à de nouvelles attentes. Au lieu d’abandonner, il a créé un tuteur IA personnalisé pour l’aider à apprendre. Cet outil est devenu ScanSolve, aujourd’hui utilisé par plus de cinq millions de personnes dans le monde entier. Il l’a conçu à l’âge de vingt ans.

Son histoire nous a amenés à nous poser une question simple : si un seul étudiant, travaillant seul, pouvait créer quelque chose ayant un impact mondial, que se passerait-il si davantage de jeunes disposaient des compétences et du soutien nécessaires pour faire de même ? Dans cette optique, et avec le soutien d’organisations telles que la Fondation Rideau Hall et la Fondation pour les communautés noires, nous avons lancé le programme IA Youth Fellowship. Notre approche est pratique : les élèves apprennent l’éthique, la confidentialité et l’utilisation responsable, mais ils élaborent également une solution concrète à un problème réel. Notre première cohorte comprenait cinquante étudiants universitaires, et nous élargissons notre programme aux jeunes du secondaire cet automne.

Pour être à l’épreuve du temps, il faut une adoption à grande échelle

L’intelligence artificielle ne se limite pas à un seul secteur. Elle est en train de transformer les soins de santé, l’éducation, le gouvernement, les affaires et la vie quotidienne. Si le Canada veut être compétitif à l’échelle mondiale, la maîtrise de l’IA doit devenir une priorité nationale. D’autres pays ont déjà pris des mesures décisives. La Chine, par exemple, a introduit cette année l’enseignement obligatoire de l’IA dans les écoles primaires et secondaires. Il nous faut une approche tout aussi ambitieuse. Une mesure concrète consisterait à mettre en place un crédit universel pour les compétences qui permettrait aux travailleurs et aux étudiants de suivre de nouvelles formations et d’obtenir des microcertifications. Lorsque les gens comprennent comment utiliser les nouveaux outils, les risques diminuent et les opportunités augmentent.

Chez Tribe Network, notre expérience en matière de recrutement reflète la rapidité avec laquelle les attentes évoluent. Parmi tous nos employés, seuls cinq ont été recrutés par le biais d’annonces d’emploi traditionnelles. Les autres nous ont présenté des démonstrations de valeur réelle, des études de cas, des prototypes et des projets qui montraient ce qu’ils pouvaient apporter immédiatement. Un CV reste important, mais ce n’est plus le moyen le plus efficace de se démarquer. J’encourage les jeunes et les nouveaux arrivants à montrer aux employeurs ce qu’ils peuvent créer et les problèmes auxquels ils peuvent apporter une solution aujourd’hui, et pas seulement les diplômes qu’ils possèdent.

Tirer parti des relations sociales pour son épanouissement personnel et professionnel

Une génération de jeunes aspire à ce qu’on appelle un « troisième espace », un environnement social distinct du domicile et du travail. Nous constatons également que les jeunes délaissent les réseaux sociaux au profit d’expériences en personne, notamment les clubs de course à pied, les rassemblements communautaires et les espaces de réseautage informels. Il y a plusieurs années, je faisais partie du réseau Halifax Social Network, qui organisait des événements informels où les gens partageaient simplement leurs histoires et nouaient des liens avec des leaders locaux. Ces environnements ont créé un véritable capital social, et j’estime que nous avons besoin d’en créer davantage à l’heure actuelle. Les relations, le mentorat et la confiance se développent toujours mieux en face-à-face.

Enfin, bien que le Canada offre un large éventail d’aides gouvernementales aux entrepreneurs, ces programmes ne touchent pas toujours les fondateurs qui me ressemblent. Trop souvent, le chaînon manquant n’est pas le financement ou l’information, mais l’accès aux relations. De nombreux fondateurs manquent de contacts avec des mentors difficiles à joindre ou qui comprennent vraiment leur expérience vécue ou le contexte de leur secteur d’activité. Chez Tribe, nous nous efforçons de combler cet écart en instaurant délibérément une culture de mentorat par les pairs, tant au sein de notre organisation que dans le cadre de nos programmes. Chaque employé est jumelé à un mentor, et lorsque cela est nécessaire, nous recherchons ces jumelages à l’extérieur de l’organisation. Cette approche contribue à réduire les préjugés internes et élargit l’accès à des conseils que les gens pourraient ne pas recevoir autrement. C’est un modèle que davantage d’organisations devraient envisager d’adopter.

L’avenir du Canada dépend de notre capacité à aider les gens à acquérir de nouvelles compétences, à s’adapter en toute confiance et à élaborer des solutions qui comptent. La maîtrise de l’IA, le mentorat et les réseaux relationnels solides ne sont pas facultatifs, ils sont fondamentaux. Si nous agissons ensemble avec détermination, nous pouvons bâtir un pays où les jeunes ne sont pas simplement préparés pour l’avenir, mais où ils en sont les leaders.

Applaudissons deux fois !

Ces remarques ont été formulées lors du forum national « Un avenir fondé sur les compétences », organisé par le Centre des Compétences futures. Regardez la conférence complète, Compétences futures recherchées →

Les points de vue, les réflexions et les opinions exprimés ici sont ceux de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue, la politique officielle ou la position du Centre des Compétences futures ou de l’un de ses membres du personnel ou des partenaires du consortium.