Cartographie de la durabilité alimentaire au Canada : Lutter contre l’insécurité alimentaire et établir des trajectoires d’acquisition de compétences dans le secteur de l’agriculture
La production d’aliments et la durabilité alimentaire au Canada sont étroitement liées à la prospérité, à la sécurité alimentaire et au bien-être social du pays. Le Canada a beau être un grand producteur agricole, le secteur peine à attirer de nouveaux talents diversifiés. De nombreux peuples autochtones et groupes méritant l’équité ne participent pas au secteur et souffrent d’insécurité alimentaire, ce qui révèle des écarts importants entre la production agricole, la participation au secteur et l’accès équitable à la nourriture. Par exemple, à propos de 46 p. 100 des Autochtones sont en situation d’insécurité alimentaire, cette dernière étant particulièrement forte dans les collectivités du Nord en raison des coûts élevés, et les ménages appartenant à la communauté noire courent près de deux fois plus de risques que leurs homologues de race blanche d’être en proie à l’insécurité alimentaire.
La production d’aliments en milieu communautaire, par le biais de jardins, de parcelles et de serres locales, a gagné du terrain et offert des parcours de compétences et une visibilité sectorielle pour les carrières dans l’agriculture et l’agroalimentaire. Les programmes et les initiatives communautaires en la matière établissent une trajectoire essentielle pour renforcer l’acquisition de compétences et la visibilité du secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire, ce qui s’avère important dans la mesure où l’insécurité alimentaire n’est pas un simple problème de disponibilité des sources de nourriture, mais est corrélée au rendement du secteur canadien de l’agriculture. Ces programmes sont un moyen de garantir la sécurité alimentaire de l’ensemble des Canadiennes et des Canadiens et de lever les obstacles entravant la participation sectorielle et l’adoption de la technologie parmi les Autochtones et les groupes ayant droit à l’équité en milieu rural, urbain et éloigné.
Dans ce rapport, les auteurs ont cartographié l’écosystème actuel des initiatives en matière de durabilité alimentaire afin de comprendre la couverture actuelle des programmes de durabilité alimentaire au Canada. L’exercice de cartographie de l’écosystème a permis de recenser 228 initiatives ou programmes. Le rapport a analysé ce qu’offrent les programmes de formation, le cas échéant, ainsi que les interventions ciblées pour les peuples autochtones et les groupes méritant l’équité.


Principaux constats
Près de 78 p. 100 des programmes assortis d’un volet de formation offrent une formation aux compétences de base en jardinage et en culture des plantes, ce qui en fait d’importants points d’accès au secteur de l’agriculture. Si une formation aux compétences analytiques est dispensée dans environ deux tiers des cas, la formation technique dédiée aux technologies agricoles de pointe est proposée par moins de la moitié des programmes.
Les programmes ciblés destinés aux groupes méritant l’équité dans le cadre des programmes de durabilité alimentaire présentent des tendances importantes mais inégales, les peuples autochtones des zones urbaines, les femmes rurales, les immigrants et les nouveaux arrivants, ainsi que les personnes 2SLGBTQ+ étant moins bien desservis que les autres groupes méritant l’équité.
Les programmes liés à la durabilité alimentaire varient selon les régions géographiques, l’Ontario accueillant la plus grande partie des initiatives, soit près de 30 % des programmes, tandis que le Québec et l’Alberta sont sous-représentés, malgré la contribution relative de leur population au secteur.


