De nouveaux arrivants qui changent la donne : L’utilisation des compétences des immigrants dans le secteur de la construction
Selon Statistique Canada, depuis 2016, la capacité du secteur canadien de la construction à pourvoir les postes vacants s’est détériorée plus rapidement que celle des autres secteurs. En 2025, les entreprises du secteur de la construction étaient plus nombreuses que celles de tout autre secteur à citer la pénurie de main-d’œuvre comme principal frein à leur croissance. Si rien n’est fait, il manquera au Canada 85 500 travailleurs de la construction d’ici 2033, selon les prévisions de ConstruForce Canada.
En nous appuyant sur les données de l’Enquête sur la population active de 2022 à 2024, nous avons examiné dans quelle mesure les compétences des immigrants sont mises à profit dans le secteur canadien de la construction. Nous avons également interrogé cinq employeurs du secteur de la construction et vingt fournisseurs de services d’aide à l’emploi et à l’établissement afin de mieux comprendre les obstacles à l’intégration auxquels les immigrants sont confrontés et de déterminer comment y remédier.


Perspectives clés
La sous-utilisation des compétences, soit le fait d’être surqualifié pour son emploi, d’occuper un poste temporaire ou un poste à temps partiel non choisi ou d’être au chômage, touche différemment les immigrants et les citoyens nés au Canada dans le secteur de la construction. Le travail à temps partiel non choisi est la forme la plus marquée de sous-utilisation pour ces deux groupes, mais les immigrants sont 1,8 fois plus touchés par ce phénomène que les citoyens nés au Canada.
La surqualification, c’est-à-dire le fait d’avoir un degré de qualification supérieur à celui requis pour un emploi, est la deuxième forme la plus répandue de sous-utilisation des compétences dans le secteur de la construction. Cependant, les immigrants sont 2,6 fois plus touchés par ce problème que les citoyens nés au Canada.
Les difficultés linguistiques et de communication constituent un obstacle courant à l’emploi pour les travailleurs immigrants du secteur de la construction. Certains employeurs ont recours à des stratégies de compatibilité linguistique, en jumelant des travailleurs partageant le même bagage linguistique et en constituant des équipes issues de mêmes communautés linguistiques, afin de recruter des travailleurs immigrants tout en gérant les risques liés à la sécurité sur les chantiers.
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