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« L’IA ne remplace pas les emplois, elle les réinvente », affirment des experts lors d’un webinaire sur la main-d’œuvre canadienne.

Le 9 juin 2026 — L’intelligence artificielle (IA) transforme les modes de travail bien plus qu’elle ne supprime d’emplois. C’est le constat fait par des experts lors d’un récent webinaire du Centre des Compétences futures sur l’avenir du travail au Canada

La table ronde a réuni D(re) Anne-Lore Fraikin, directrice adjointe de la recherche économique chez Signal49 Research; Viet Vu, responsable de la recherche économique chez The Dais; Réjean Roy, directeur de la formation et de la mobilisation des connaissances à l’IVADO; et D(re) Tricia Williams, directrice de la recherche, de l’évaluation et de la mobilisation des connaissances au CCF. La séance était animée par Steve Richter, responsable des politiques au CCF.

Selon les intervenants, l’impact de l’IA se mesure plus fidèlement à travers les tâches accomplies par les individus qu’à travers les métiers qu’ils exercent. Bien que des secteurs comme le droit, les ressources humaines et la finance soient loin de disparaître, de nombreuses tâches quotidiennes propres à ces professions sont déjà automatisées.

« L’IA transforme les métiers plutôt qu’elle ne remplace les travailleurs », a déclaré la D(re) Fraikin, soulignant que les employeurs apprécient de plus en plus les professionnels capables d’allier compétences numériques et qualités humaines, telles que la communication, le jugement, l’adaptabilité, la créativité et la résolution de problèmes.

Préparer la main-d’œuvre à l’économie de l’intelligence artificielle

Lors de ce webinaire, les conclusions préliminaires d’une future étude de l’Enquête sur l’emploi et les compétences ont été présentées, confirmant l’adoption croissante de l’IA au sein de la main-d’œuvre canadienne ainsi que des gains marqués en matière de productivité et de créativité. 

Les intervenants ont souligné un écart croissant entre l’adoption de l’IA et le soutien apporté sur le lieu de travail. Alors que la main-d’œuvre se familiarise de plus en plus avec les outils d’IA, de nombreux travailleurs signalent un manque d’encadrement ou de formation officielle pour les utiliser de manière efficace et responsable. Les intervenants ont souligné que le succès à long terme dépendra du renforcement des compétences humaines et techniques, garantissant ainsi que la main-d’œuvre collabore activement avec l’IA plutôt que de simplement l’utiliser. 

Les arguments économiques en faveur de l’adoption de l’IA

Les participants à la table ronde ont également abordé les défis auxquels sont confrontés les employeurs. L’adoption de l’IA reste un défi pour de nombreuses organisations, en particulier les PME. Plusieurs obstacles freinent encore leur élan : les coûts initiaux, les craintes liées à la protection de la vie privée, un retour sur investissement incertain et la difficulté à recruter des profils spécialisés. Plutôt que de cantonner l’IA à un simple outil de compression des coûts, les intervenants estiment que les entreprises doivent saisir cette opportunité pour doper leur productivité, réinventer leurs processus internes et valoriser le capital humain.

En somme, le webinaire a livré un message fondamental : l’avenir du travail ne sera pas défini par une suppression massive de postes, mais par la réussite de notre adaptation collective, travailleurs, entreprises, formateurs et dirigeants, face à une économie résolument propulsée par l’intelligence artificielle.