Viser haut : concilier ambition et action pour l’avenir du Canada

Il y a une question qui revient sans cesse dans les discussions que j’ai eues récemment avec des chefs d’entreprise, des décideurs politiques, des syndicats, des éducateurs et des acteurs communautaires : comment pouvons-nous unir nos forces pour réaliser les grands projets dont le Canada a besoin ? C’était également le message central que j’ai transmis lors de la conférence « Un avenir fondé sur les compétences », où j’ai eu l’occasion de me joindre à d’autres acteurs du changement pour discuter de ce que signifie réellement préparer notre main-d’œuvre pour l’avenir.
À Collèges et instituts Canada (CICan), nous représentons les établissements qui rendent possible la formation à grande échelle d’une main-d’œuvre qualifiée. Nos collèges publics, instituts, cégeps, écoles polytechniques et établissements d’enseignement autochtones sont présents dans tous les coins du pays, ancrant les communautés grandes et petites, urbaines et rurales, côtières et intérieures.
Quatre-vingt-quinze pour cent des Canadiens vivent à moins de 50 kilomètres d’un campus universitaire. Cette portée confère à notre secteur un rôle extraordinaire à jouer pour aider le Canada à traverser l’une des plus grandes transformations de la main-d’œuvre (et des collectivités) depuis des décennies, compte tenu de l’impact récessif des droits de douane dans des secteurs clés, du vieillissement démographique dans de nombreuses régions et du programme d’intelligence artificielle. Au final, je suis optimiste. En effet, lorsque survient une perturbation, une opportunité s’ensuit. Et aujourd’hui, cette opportunité réside dans la manière dont nous alignons nos ambitions et nos actions.
Pour construire des logements, des infrastructures et renforcer notre capacité de défense, le Canada a besoin de plus que des investissements : nous avons besoin de coordination.
Les décideurs fédéraux et provinciaux travaillent à la création d’une « économie canadienne unique » – je suis tout à fait favorable à cette idée. Toutefois, pour y parvenir, nous devons commencer par mettre en place une stratégie canadienne unique en matière de formation et de main-d’œuvre, c’est-à-dire un plan commun qui rassemble les éducateurs, les entreprises, les syndicats et les gouvernements autour d’une même table afin de résoudre ensemble les problèmes liés à la main-d’œuvre, à grande échelle.
Nos membres accomplissent déjà ce travail sur le terrain. Dans les communautés rurales, éloignées et autochtones, où se déroulent bon nombre des grands projets du Canada, les collèges et les instituts mettent les gens en contact avec des possibilités adaptées à leur région. Quatre-vingt-six pour cent des Premières Nations vivent à moins de 50 kilomètres d’un collège. Cela signifie que nous sommes particulièrement bien placés pour soutenir la formation dirigée par les Autochtones, la croissance des communautés locales et la réconciliation économique.
Au CICan, nous adoptons une approche axée sur les défis. Qu’il s’agisse de logement, de transition énergétique, d’adoption généralisée de l’IA ou de préparation à la défense, nous posons la question suivante : Quel est le défi à relever ? Qui doit être présent à la table ? Et comment pouvons-nous agir ensemble pour le résoudre ?
Notre nouveau réseau de formation et d’innovation en matière de défense universitaire en est un excellent exemple. Grâce à ce réseau, nous réunissons et mobilisons nos membres afin d’offrir, partout au pays, des formations et des perfectionnements qui répondent aux besoins de la Marine royale canadienne, de la Force aérienne et d’autres organismes cherchant à recruter des militaires, et d’aider les militaires à réussir leur transition vers une carrière civile.
En réalité, le système public d’enseignement postsecondaire canadien est prêt à répondre à nos ambitions nationales. Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, c’est d’un réinvestissement stratégique, d’une collaboration intentionnelle et de voies plus fluides permettant aux apprenants et aux travailleurs de se déplacer d’une province à l’autre et d’un secteur à l’autre.
L’avenir du Canada ne se construira pas uniquement avec de l’argent ou des politiques, il se construira grâce aux gens. Des personnes compétentes, adaptables et résilientes. Et c’est justement ce que nos collèges et instituts publics font le mieux : offrir une formation rapide, adaptée et en partenariat avec l’industrie.
La témérité doit aller de pair avec la coordination. L’ambition doit aller de pair avec l’action. Et si nous y parvenons, ensemble, nous pourrons vraiment réaliser de grandes choses.
Ces remarques ont été formulées lors du forum national « Un avenir fondé sur les compétences », organisé par le Centre des Compétences futures.
Les points de vue, les réflexions et les opinions exprimés ici sont ceux de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue, la politique officielle ou la position du Centre des Compétences futures ou de l’un de ses membres du personnel ou des partenaires du consortium.