Polygon Created with Sketch. Accueil | Recherche

Poser les fondations : Maturité technologique du secteur canadien de la construction

La capacité de l’économie canadienne à prospérer dans un monde postpandémique dépend en grande partie du dynamisme et de la concurrentialité de ses principaux secteurs d’activités. L’industrie de la construction est reconnue comme étant l’un des principaux facteurs contribuant au PIB, mais aussi comme un secteur réticent à l’adoption et à l’utilisation de nouvelles technologies, ce qui nuit à la productivité. La concurrentialité du secteur canadien de la construction subit de nombreuses pressions, telles que l’abordabilité du logement, la construction des infrastructures et la résilience aux changements climatiques.

En collaboration avec ses partenaires, L’Institut Brookfield pour l’innovation + l’entrepreneuriat, nous pour réfléchir sur les données probantes et les prochaines étapes nécessaires pour aider le secteur canadien de la construction à réussir et à s’adapter aux changements dans les prochaines années.

Sommaire

La faible maturité technologique d’un secteur a un effet néfaste tant sur la productivité de la main-d’oeuvre que celle du capital par rapport à l’économie dans son ensemble, ce qui nuit à la concurrentialité internationale. Entre 2015 et 2019, la productivité de la main-d’oeuvre dans le secteur de la construction a chuté à 11,2 %, un résultat inférieur de 2,2 % au taux standard, tandis que la productivité du capital a oscillé entre 0,7 % et 3,9 % sous le taux standard pendant toute la période.

Dans le but de comprendre la faible maturité technologique dans le secteur de la construction et de trouver des solutions stratégiques qui pourraient y remédier, le présent rapport s’appuie sur les réponses fournies par 14 experts qui oeuvrent au sein du secteur ainsi que d’entreprises qui innovent précisément pour le secteur.

Le risque inhérent au secteur est à l’origine des difficultés structurelles avec lesquelles l’industrie de la construction doit composer lorsqu’elle tente d’accroître sa maturité technologique. Ce risque provient principalement de trois sources :

  1. Les contraintes physiques — Qu’il s’agisse d’effondrements structurels qui mettent en danger des vies humaines ou de problèmes qui, bien qu’ils soient de moindre envergure, demeurent coûteux (comme la perte de matériaux, les bris ou les erreurs qui nécessitent la reprise de certaines tâches), ce type de risque est un frein à la mise en oeuvre de nouvelles technologies.
  2. Les longs délais — Il faut des années pour mener à bien d’importants projets commerciaux et résidentiels, et l’innovation, qu’elle touche les processus ou la technologie, commence par l’essai d’un élément nouveau, le suivi de ses effets, l’apprentissage de leçons et l’introduction de modifications. Les longs délais qui découlent de ces complexités contribuent directement à l’ampleur des coûts associés aux projets et, par conséquent, à la difficulté des entreprises à accroître leur maturité technologique.
  3. L’environnement hautement concurrentiel — La concurrence féroce qui règne entre les entreprises et la faiblesse des marges bénéficiaires de celles-ci alimentent le manque de coordination et de partage d’information au sein de l’industrie. Un si grand nombre de concurrents au sein d’une même industrie amène certaines entreprises à s’isoler pour préserver leurs avantages concurrentiels.

Malgré la faible maturité technologique de l’industrie de la construction, notre échantillon révèle que nous sommes au moins conscients de cette lacune et que nous prenons des mesures pour y remédier. Parmi les entreprises de construction interrogées, toutes travaillaient à améliorer leur maturité technologique, et certaines avaient beaucoup progressé à cet égard. Voici quelques-unes des mesures prises par les entreprises qui ont réussi à aller de l’avant.