À la croisée des chemins : accompagner la main-d’œuvre canadienne en milieu de carrière face au changement
Toronto, 27 mars 2025 — La main-d’œuvre canadienne en milieu de carrière se trouve à un tournant décisif. Les mutations rapides des technologies, du commerce et des infrastructures ouvrent de nouveaux horizons, mais elles créent aussi un climat d’incertitude pour les travailleurs expérimentés qui doivent jongler entre leur carrière, l’acquisition de compétences et leurs responsabilités personnelles.
Le 13 mars 2026, le Centre des Compétences futures a réuni des experts lors d’un webinaire national afin d’explorer des moyens concrets d’aider les travailleurs en milieu de carrière à s’adapter à un marché du travail en pleine mutation. La séance était animée par Tricia Williams, Ph. D., directrice de la recherche, de l’évaluation et de la mobilisation des connaissances au Centre des Compétences futures. Elle réunissait également un panel de chefs de file issus du secteur du développement de la main-d’œuvre.
Parmi les intervenants figuraient Ken Delaney, directeur général de la Coalition canadienne pour la formation et l’emploi; Karen Myers, présidente de Blueprint; et Charles Finlay, directeur général fondateur du Rogers Cybersecure Catalyst.
Ensemble, les panélistes ont examiné comment les gouvernements, les employeurs, les organisations syndicales et les prestataires de formation peuvent collaborer plus efficacement pour soutenir les travailleurs dans leur transition vers de nouveaux rôles et s’adapter aux besoins changeants du marché du travail.
L’un des messages clés de la table ronde était l’importance d’un engagement précoce et significatif de la part des employeurs. Plutôt que de n’intervenir qu’une fois les programmes de formation terminés, les employeurs doivent participer à leur élaboration dès le départ. En cernant les compétences requises dans des secteurs en mutation rapide, comme la cybersécurité et l’intelligence artificielle, les employeurs peuvent s’assurer que la formation demeure pertinente à mesure que la technologie et les exigences du marché du travail évoluent.
Les intervenants ont également insisté sur la nécessité de renforcer la coordination au sein du système canadien de formation de la main-d’œuvre. De nombreuses initiatives actuelles fonctionnent en vase clos, ce qui freine les transitions professionnelles à grande échelle au sein de la main-d’œuvre. Les alliances pour la main-d’œuvre et d’autres groupes de coordination ont été présentés comme des leviers essentiels pour réunir les gouvernements, les employeurs, les syndicats et les prestataires de formation.
Karen Myers met en lumière trois priorités fondamentales qui sont étroitement liées. Elle a soutenu que le système d’emploi du Canada est désuet et beaucoup trop réactif, ce qui prive les travailleurs en milieu de carrière du soutien nécessaire pour effectuer une transition avant de perdre leur emploi. Pour y remédier, elle préconise une approche systémique et mieux coordonnée, visant à aligner le développement de la main-d’œuvre sur les besoins économiques en mobilisant les gouvernements, les employeurs et les prestataires de formation afin d’anticiper les besoins grâce aux données du marché du travail. S’appuyant sur ce constat, elle souligne l’importance de parcours clairs et centrés sur l’individu, qui conjuguent orientation professionnelle et formation flexible et pertinente, afin que chacun puisse gérer ses transitions et saisir de nouvelles opportunités avec plus de fluidité.
Tous les panélistes ont souligné que la réussite des transitions ne repose pas uniquement sur la formation. L’orientation professionnelle, l’aide à l’identification des compétences transférables et l’accompagnement dans les démarches liées aux prestations et aux mesures de soutien à l’emploi sont tous des éléments cruciaux.
Ces approches peuvent aider la population canadienne en milieu de carrière à transformer les perturbations en opportunités, tout en bâtissant des parcours professionnels plus solides et plus résilients pour l’avenir.